0

Ana, Mia et moi

J’ai longtemps réfléchi avant d’écrire cet article. Mais ça fait partie du processus de guérison…

Ana et Mia sont mes « passagères » depuis 18 longues années maintenant. C’est Mia qui est montée la première dans mon bus. Ana aura attendu 13 ans pour rejoindre son amie.

Mia, je l’ai rencontrée un vendredi soir, après une réflexion mal placée de ma prof de danse de l’époque face au reste du groupe : « Idéalement, il faudrait que tu perdes 6 ou 7 kg d’ici demain ». Le lendemain, en effet, on avait un spectacle important. A la fin de la répétition, je suis allée aux toilettes et c’est là que Mia est arrivée. « Tu devrais te faire vomir, me dit-elle, tu verras, tu te sentiras mieux après ». Et j’avais mis le doigt dans cet engrenage infernal.

Ayant toujours connu des problèmes de poids, j’ai eu la chance (ou la malchance) de développer un trouble métabolique vers mes 25 ans. Mon corps ne tolérait plus aucun sucre. Un endocrinologue m’a alors prescrit un régime dans lequel aucun glucide n’était accepté. Ana est arrivée. Au début, elle m’encourageait dans ma perte de poids en me disant que j’étais forte. Ensuite, la course aux calories s’est engagée. Chaque jour est un challenge pour manger moins que la veille. Je perds alors 30 kg.

anorexie3

Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’à 30 ans, l’anorexie et la boulimie font encore partie de ma vie malgré de multiples prises en charge. Grâce à une thérapie en cours, la boulimie a, pour le moment, disparu. Mais la restriction alimentaire est toujours là. Je ne perds pas espoir, je sais qu’un jour je m’en sortirai.

Je ne cherche pas à apitoyer le lecteur, loin de là ! Mais plutôt à rendre tout un chacun vigilent sur ces maladies difficiles à soigner.

Les premiers troubles apparaissent le plus souvent durant l’adolescence. Les filles sont majoritairement touchées, mais il existe des cas chez les garçons (1 garçon pour 6 à 10 filles). Pour l’anorexie, la perte de poids intentionnelle et l’image déformée que l’on a de son corps sot les premiers signes qui doivent alerter. Pour la boulimie, ce sont les prises alimentaires excessives et les prises de substances comme des laxatifs qui sont les premiers indicateurs. Le tout peut être accompagné d’une dépression, d’anxiété et d’un fort sentiment de culpabilité.

La première aide, vous la trouverez auprès de votre généraliste qui saura vous aiguiller vers un spécialiste.